Renaissance

Le 17 septembre 1999, les cieux du quartier Saint-Michel résonnaient à nouveau du son des 22 cloches du carillon de la flèche, alors tout juste inauguré en présence de l’Archevêque Pierre Eyt et du Maire de Bordeaux, Alain Juppé. Après presque un siècle d’abandon et une restauration complexe opérée par Luigi Bergamo, maître d’art à la fonderie Cornille-Harvard (il a fallu déposer les cloches, les transporter jusqu’à l’atelier situé dans la Manche, les nettoyer, les réajuster, refaire la tringlerie, reprendre les jougs en bois supportant les cloches de volée, etc.), complaintes du Quercy, rondeaux gascons ou improvisations enchantent à nouveau les 20 000 à 40 000 personnes aux oreilles desquelles parviennent ces sonneries si particulières…

 

Un ensemble exceptionnel

Commandé à l’abbé Meynard à Guillaume d’Angers, le carillon de la Flèche Saint-Michel, l’un des trois carillons aquitains avec ceux de Buglose (Landes) et de Périgueux, date de 1865 et constitue un élément patrimonial remarquable du plus haut monument de la France méridionale (114 mètres). Classé Monument Historique en 1991, il était délaissé depuis 1908. Le carillon en quelques chiffres, ce sont 15 cloches de tintement et 7 cloches de volée, dont les marteaux sont reliés à un clavier niché à 77 mètres de hauteur dans la flèche. La mise en branle manuelle, tous les premiers samedis du mois ou lors de concerts occasionnels, se double d’un fonctionnement automatique, l’instrument égrenant les heures par des airs populaires grâce à un programme informatique.

 

Un homme passionné

Musicien (flûtiste, contrebassiste) mais aussi compositeur, homme de théâtre, spécialiste des airs traditionnels : les casquettes de Christian Vieussens sont nombreuses mais celle de carillonneur manquait encore. L’artiste arcachonnais a rencontré les artisans et les ingénieurs, tout comme les maîtres du nord de la France qui lui ont enseigné la pratique de l’instrument. Sollicité par la DRAC et la Ville de Bordeaux pour gérer l’usage civil de l’instrument et participer à sa valorisation, il propose un répertoire original et éclectique, à l’image des populations métissées du quartier. Entre retour à la tradition populaire et création d’une identité nouvelle…